Thales Seso dans la course pour équiper le télescope européen ELT

ESO

Le spécialiste mondial de composants optiques de haute technologie a mis au point un procédé de réalisation automatisée du polissage des miroirs. Cette technologie réduit les délais et les coûts. Dès lors il peut envisager de répondre (avec succès) à l’appel d’offre de l’Observatoire européen austral (ESO) pour construire le plus grand miroir jamais installé. Désormais il y a lieu de suivre le déroulé de cette spectaculaire compétition économique.

Le projet du futur télescope géant ELT constitue en premier lieu un formidable challenge technique. Le réputé LAM (Laboratoire d’Astrophysique de Marseille) a su respecter le cahier des charges de l’ESO pour résoudre la réalisation du plus grand miroir de télescope (39 mètres de diamètre). Et de souligner le partenariat tissé avec Thales Seso. En effet, depuis le début de l’année, les responsables du LAM communiquent sur leur prototype, attendant l’homologation par l’instance européenne. Dans le même temps, l’ESO a reçu un feu vert de son conseil technique pour la réalisation de la première phase cet équipement devant être construit au Chili dans le désert d’Atacama là où se trouve déjà le VL télescope.

Thales Seso s’est montré plus discret mais le groupe a tenu à souligner également l’efficacité de sa collaboration avec le LAM  par une simple communication sur son site en décembre dernier vantant les réponses technologiques développées pour le polissage des miroirs et dévoilant un enjeu technologique (stratégique) : « Un des développements en suspens est la faisabilité du polissage du Extremely Large Telescope où plus de 1 000 segments hexagonaux d’environ 1,5 m doivent être produites en moins de 3 ans. »

L’aixois Thales Seso est bel et bien dans la course et réaffirme son atout de maîtriser une technologie automatisée pour ce type de produits. En effet, le cahier des charges demandé au LAM par l’ESO est de réaliser le miroir de ce télescope dont la parabole, comprenant plus de 800 facettes, doit faire converger la lumière en un seul point. Il rappelle que cette collaboration dure depuis plus de 30 ans et l’entreprise aixoise de préciser qu’elle fabrique « l’optique basé sur un concept André Baranne (LAM Astronome) du spectromètre ELODIE qui a été utilisé pour voir la première exoplanète. » L’une des missions scientifiques du futur E-ELT est justement la découverte des exoplanètes. »

L’expression de cet intérêt est appuyée par la réputation revendiquée par l’entreprise dans les domaines de l’espace, l’astronomie, la science, X-Ray et systèmes de test : « nos systèmes optiques sont montés sur certains des satellites les plus renommés (Pléiades, Kompsat 3, Spot, Jason, Saral. »

Le polissage du miroir comprenant jusqu’à 30 couches de vitrocéramique est une technologie étudiée par le LAM

Le polissage du miroir comprenant jusqu’à 30 couches de vitrocéramique est une technologie étudiée par le LAM

Les responsables scientifiques du LAM, soucieux de voir les Européens remporter la course aux grands télescopes devant leur concurrents américains, se montrent plus directs. Le projet européen va demander un effort d’’investissement de plus de 1 milliard d’euros.